Depuis ce midi, avant l’orage,
J’avais bien eu quelques idées me trottant dans la tête…
Les voici enfin sortant de leur ombre.
Le ciel s’assombrissait.
De plus en plus.
Rien à faire, les chiens doivent sortir.
Marre de cette grosse veste imperméable.
Tant pis, je m’en passerai,
je vais y aller comme ça.
Á peine dehors, une fine pluie, plutôt agréable
Commence à tomber…
Et voilà, l’averse est là…
La plus douce averse qu’il soit.
Le chat mort au pelage de gris velours a disparu.
C’était hier.
Et hier, je n’avais pas envie de parler de mort, ni de tristesse.
Ni de séparation, ni du silence insupportable…
Et c’est bien comme cela.
Puisque je vous dis que tout était si magnifique
Sous ce beau ciel gris.
Toutes les nuances de vert étaient ravivées…
Quelle palette extraordinaire…
Le vert dans ma vie.
Le bleu dans le vert.
Et le jaune aussi.
Mais toutes ces petites choses restaient là.
Et ne trouvaient pas le chemin pour s’exprimer…
Heureusement Essaid était d’humeur poétique.
Maintenant que mon cher poète est silencieux,
Je suis contente d’avoir quelqu’un à contredire…
Et c’est ainsi que les poètes vivent….
Et les écrivains aussi.
Et voici ce que je lui ai “dit”…
Ah! Poésie quand tu nous tiens.
La nuit a ses vertus, elle aussi.
Quand tu dois y travailler,
oui, certains métiers l’exigent…
Il peut y avoir une certaine quiétude.
Même dans un hôpital.
Où plus que le jour,
je me sentais alors accomplir
les tâche de consolation et de soulagement
pour lesquelles j’avais choisi ce travail.
Moins de querelles, moins d’ego chiffonnés.
Entre collègues stressés.
Et voir l’aube apparaître?
Ma liberté retrouvée et ce grand sourire,
cet éclat de rire que nous partagions…
L’amie complice et moi-même,
de la vie a contre-sens.
Mais vois-tu Essaid, j’aime tout.
Maintenant que ce temps-là est du passé,
je suis devenu plus diurne.
Mais oui, voyons! Les étoiles,
Les éclairs en temps d’orage
striant le ciel d’encre,
La lune faisant ces trucs de lune,
Tout cela est toujours là.
Maintenant…
J’aime toujours voir le soleil oblique
Se levant à l’Orient.
Mais que dire des couleurs comme celles
Des champs verts étincelants après une averse.
Tout est beau! Oh! Que tout est beau.
Je te remercie de me le rappeler.
Et que je suis un être d’une grande liberté,
Malgré des moyens financiers fort limités.